Retour sur la French FinTech Week

La French FinTech Week qui s’est déroulée du 07 au 15 octobre 2021 est une initiative proposée par France FinTech, le Swave, l’AMF et l’ACPR pour promouvoir le dynamisme de l’écosystème fintech global en France. Cet évènement a été l’occasion pour les différents acteurs de se rencontrer et d’échanger sur les tendances structurantes de cet écosystème.

Retour sur les tendances de fond qui animent le secteur.

 

Un écosystème français très dynamique

Il y a quelques jours, Swile est devenue la huitième startup à rejoindre le cercle des licornes françaises en 2021, et la 19e licorne de la FrenchTech. Elle succède ainsi à Vestiaire Collective, Alan, Back Market, Shift Technology, la FinTech Ledger, Younited et plus récemment Sorare, qui a signé l’une des plus grosses levées de fonds de la French Tech.

Dynamique, la scène Start Up et FinTech française se consolide année après année, certains acteurs ont dorénavant une croissance internationale et sont en position de devenir des leaders de leurs marchés.

 

Une participation accrue des régulateurs et des services de l’Etat aux débats

Des acteurs comme la Banque de France, l’AMF ou l’ACPR participent à la promotion de la place française dans cet écosystème. A l’instar de BPI France qui agit en véritable banque de l’innovation, plusieurs organismes financent désormais de nombreuses FinTech.

Les pouvoirs publics ne sont pas en reste et suivent de près ce secteur en croissance, au point de porter directement certains projets FinTech, et si la régulation française semble actuellement en adéquation avec les attentes du secteur, tout l’enjeu réside dans l’adaptation du droit au développement de FinTech aux tailles plus importantes, sans freiner leur développement.

La question de la souveraineté monétaire est également au cœur des débats pour les banques centrales, avec le développement de crypto-actifs de deuxième génération (les stablecoins) tel que le projet de Monnaie numérique de la Banque Centrale Européenne (sujet traité par la Banque de France).

En parallèle, l’encadrement règlementaire se renforce par un travail entre les régulateurs et les divers acteurs du système, dont les avocats et autres conseils, qui a permis notamment la mise en place de régimes « pilote » pour l’usage des technologies de registre distribué (la blockchain).

 

De nouveaux thèmes valorisant la créativité, dont la Blockchain

La Blockchain est la vedette de cette année, avec, entre autres, la promotion qui en est faite par la BPI ; pour la première fois on a assisté à une table ronde sur le thème « réinventer l’argent ». Il s’agit donc bien d’une révolution, mais il faut néanmoins se garder d’opposer la Blockchain et les autres processus existants. La Blockchain semble venir compléter des dispositifs existants, par exemple en ce qui concerne les cryptomonnaies et la monnaie ayant cours légal.

Il s’agit avant tout d’une innovation technologique qui doit trouver sa place et cela implique parfois des modifications des systèmes juridiques et économiques en place.

Ces changements sont aussi le reflet d’une évolution des modes de consommation dans lesquels on utilise moins de monnaie physique poussant ainsi les banques à accélérer leur digitalisation.

La France est un véritable concentré de talents, aussi bien sur le plan de l’innovation que sur le plan académique et elle fait partie du Top 10 des places financières mondiales. Cet accomplissement est le fruit de cet écosystème riche en acteurs avertis sur l’ensemble du territoire. Nous pouvons prendre l’exemple de Swile à Montpellier, Ledger à Vierzon… l’innovation est partout, et des centres d’excellence et d’innovations se développent sur toute la France pour accompagner ces incubateurs et les investissements qui les nourrissent.

L’écosystème français gagne en maturité année après année, avec des acteurs qui grossissent et se diversifient, même s’il reste encore de nombreux chantiers à mener, il participe à sa manière à la démocratisation de l’utilisation de la technologie dans des domaines aussi divers que la restauration, la finance ou l’industrie textile.

 

Céline Moille

Céline Moille est juriste et docteur en droit privé international, inscrite aux barreaux de Lyon (depuis 2014) et Montréal (depuis 2019). Elle a rejoint le cabinet d’avocats Taj en avril […]

Photo d'Arnaud Raynouard
Arnaud Raynouard

Professeur des Universités à l’Université Paris-Dauphine, Arnaud Raynouard anime le Comité Scientifique Juridique du cabinet d’avocats Taj. Agrégé en droit privé et sciences criminelles, et diplômé en gestion, Arnaud Raynouard […]